
Après sept ans de bons et loyaux services, Martin Sourzac va changer d'air. Nancéien d'adoption, le gardien aura tout connu à Nancy entre les moments difficiles et les grandes joies de ces dernières années. Après une saison quasiment blanche, c'est un amoureux de l'ASNL et un joueur emblématique qui s'en va.
Cette fois-ci, c'est la fin pour Martin Sourzac. Sept ans d'une histoire d'amour avec l'AS Nancy Lorraine, escortée de ses hauts, ses bas, ses ruptures. Une relation intense que le gardien de but aura vécu dans toute sa chair. La révérence d'un homme attachant que les supporters ont définitivement adopté comme l'un des leurs. Il suffisait de voir les yeux du portier rougis par les larmes face à la tribune Piantoni scandant son nom, après la rencontre face à Dunkerque pour se rendre compte que le Vendomois de naissance a la ville de Nancy chevillée au cœur.
"J'y ai passé sept ans de ma vie, mes enfants sont nés ici", confie-t-il. A 34 ans, le gardien a forcément plus d'années de sa carrière derrière que devant lui. Forcément, après trois saisons à garder d'une main de maître les buts des Rouge et Blanc, connaître une saison blanche n'était pas dans ses plans. Son histoire en Lorraine aurait pu (dû ?) se terminer d'une autre manière. "J'ai vécu les saisons en Ligue 2 où le club allait être vendu, la descente en National, le repêchage en juillet 2023", revenait-il à proximité du stade Marcel-Picot, samedi.
Emotif, investi et touché par la situation du club, Martin Sourzac s'est démené en coulisses pour aider autant qu'il le pouvait lorsque le club était au bord du précipice, il y a trois ans. Sacrifiant ses nuits, donnant de son énergie en espérant que le club soit sauvé et continue son aventure au plus haut niveau possible. Il aura eu la grande joie de connaître la montée en Ligue 2, le retour de l'ASNL dans l'Élite. Un grand bonheur suivi d'une grosse désillusion. Un déclassement express avec l'arrivée d'Enzo Basilio, gardien expérimenté et confirmé du championnat.
Dès que l'ancien Guingampais est arrivé, le portier formé à l'AS Monaco a senti le vent tourner. "Ca a été dur, parce que je ne m'attendais pas du tout à ça. Le club a fait un choix de recruter un autre gardien et de le lancer. Après, on est des professionnels, avec la concurrence, mais j'aurais aimé que ça soit sur un même pied d'égalité", regrette-t-il. Dès l'entame de la saison, c'est Enzo Basilio qui garde les cages nancéiennes à Rodez (0-0) et sort un gros match. En conférence de presse après la rencontre, Pablo Correa confirme la tendance.
"C'est réglé depuis un bon moment dans notre tête, il n'y a pas de débat. Martin doit être prêt si on a besoin de lui", avait précisé le coach nancéien. La perspective d'une saison blanche n'enchante pas forcément le gardien aux 109 matchs sous le maillot nancéien. Pour ne rien arranger, il se blesse gravement au bras, début novembre. Le début d'une longue période de convalescence. "Je suis revenu d'une blessure grave, un grand merci au staff médical. Ça a été très dur de ne plus jouer, d'être blessé. Mais ça m'a permis de prendre du temps en famille et ça n'a pas de prix."
Après autant d'années passées en Lorraine, il clôt son aventure sans amertume. "Le plus important est d'avoir donné de ma personne, d'avoir respecté le club. Aujourd'hui, je pars fier. Il faut savoir partir, Enzo prend le relais, il le fait très bien. Aujourd'hui, j'ai envie de jouer et les conditions ne sont pas réunies pour ça." Malgré une relation plus compliquée cette saison, Martin Sourzac a tenu à honorer Pablo Correa qui, comme lui, laisse l'ASNL en ce mois de mai. "Il restera le plus grand coach de Nancy de tous les temps. Je retiendrai le meilleur avec lui", a-t-il lâché dans sa classe caractéristique.
L'histoire s'est tout de même bien terminée avec un hommage en rentrant en cours de match face à Dunkerque, une clameur venue des travées de Picot pour un gardien qui aura durablement marqué l'histoire du club. "On m'a respecté et on m'a fait un bel hommage, je remercie sincèrement tout le monde." "Il n'était pas obligé de le faire, a réagi à chaud le gardien sur la décision de son entraîneur de le faire entrer peu après la pause. Même si on a eu des différends, c'est une belle marque de reconnaissance." Deux buts encaissés, sur lesquels il ne peut pas grand chose. Ce scénario a inspiré une formule au volubile portier. "Ce match est à l'image de mon aventure ici : pleine d'émotions et dure jusqu'au bout."
Dans un monde idéal, Martin Sourzac aurait fini sa carrière à Nancy, et serait sûrement resté en Lorraine après avoir raccroché les crampons. Mais le football et la vie sont ainsi faits d'aléas qu'il faut savoir accepter. Même si c'est une (autre) partie de l'âme nancéienne qui s'en va et va laisser un grand vide dans le cœur de tous ceux qui l'avaient adopté comme l'un des leurs.
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