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L’analyse de la rédaction – Pour Nancy, le problème est peut-être de ne pas tuer les matchs

Deux journées, un seul point et surtout aucun but inscrit : le début de saison de l’AS Nancy-Lorraine pose déjà des questions offensives. Mais cette inefficacité pourrait avoir une conséquence plus profonde. En ne parvenant pas à faire suffisamment mal à ses adversaires dans les premières phases du match, l’ASNL laisse systématiquement les rencontres ouvertes jusqu’aux dernières minutes. Un scénario qui augmente la pression, pousse à la prise de risques et peut finir par briser l’équilibre d’une équipe qui cherche encore son premier succès.

Les tirs cadrés : un problème qui dure.

Face à Montpellier, Nancy a eu des situations. Fdaouch a notamment trouvé le poteau en première période, mais l’ASNL n’a jamais réussi à transformer ses opportunités en but. Au bout de 90 minutes, le constat est simple : 0-1 et aucun but pour Nancy cette saison. Surtout, les chiffres ne sont pas nouveaux. Après deux journées, Nancy tourne à 3,5 tirs cadrés par match, quand la moyenne de la Ligue 2 est de 3,8. Or, la saison dernière, l’ASNL était déjà en difficulté dans ce domaine. Avec environ 3,1 tirs cadrés par rencontre, Nancy était l'équipe la moins performante de Ligue 2 dans ce domaine. Le problème n’était donc pas nécessairement de ne pas tirer. Il était de ne pas suffisamment mettre le gardien adverse en danger.
Et cette nuance est importante. Une équipe peut avoir le ballon, multiplier les attaques et accumuler les tirs sans pour autant produire suffisamment d'occasions franches. Nancy semble encore avoir ce problème : son volume offensif ne se transforme pas assez souvent en véritables situations de but.

Le danger de laisser un match ouvert

C’est ici que le problème statistique devient un problème tactique. Lorsqu’une équipe mène après une heure de jeu, elle peut modifier complètement sa manière de jouer. Elle peut laisser davantage le ballon à son adversaire, défendre plus bas, attendre les espaces et surtout jouer avec une forme de sérénité que le score lui offre. Nancy ne se retrouve que très rarement avec ce luxe de mener confortablement au score. À Boulogne, le score est resté à 0-0 jusqu’au bout. Face à Montpellier, même scénario pendant plus d’une heure avant le but d’Issoufou à la 72e minute. Cela signifie qu’une grande partie des matchs se joue avec une obligation permanente : il faut encore marquer. Et plus le chronomètre avance, plus cette obligation devient lourde.

Quand l'urgence prend le dessus

C’est probablement là que se situe le véritable risque pour Nancy. Une équipe qui n’a pas réussi à prendre l’avantage doit continuer à attaquer. Elle doit prendre davantage de risques, envoyer davantage de joueurs vers l’avant et accélérer son jeu. Les latéraux peuvent se projeter plus haut, les milieux se découvrir davantage et les attaquants chercher plus rapidement la dernière passe. Le problème, c’est que chaque joueur supplémentaire projeté vers l’avant est aussi un joueur de moins derrière le ballon. À mesure que Nancy cherche son but, l’équilibre collectif peut donc progressivement se fragiliser. Et face à Montpellier, c’est justement dans cette période que Nancy a fini par céder. À la 72e minute, alors que le score était toujours de 0-0, Issoufou a profité d’une situation de transition pour donner l’avantage au MHSC.

Ce n’est donc peut-être pas un problème de « fin de match »

Si Nancy ne parvient pas à faire la différence pendant les 60 premières minutes, elle s’oblige à jouer les trente dernières avec beaucoup moins de marge. Chaque perte de balle devient plus dangereuse. Chaque transition adverse fait davantage peur. Chaque minute qui passe augmente l’urgence. La question n’est donc pas seulement : pourquoi Nancy encaisse-t-elle tard ? Elle est aussi : pourquoi Nancy arrive-t-elle si souvent dans les dernières minutes sans avoir pris l’avantage ?

Le vrai indicateur pour la suite

Il faudra donc suivre Nancy sur plusieurs journées avec quatre chiffres simples : tirs, tirs cadrés, xG et buts. Mais surtout les regarder par période. Combien de tirs cadrés avant la 60e minute ? Combien d’occasions franches ? Quel xG avant que le match n'entre dans sa dernière demi-heure ? Et combien de fois Nancy mène-t-elle à l'heure de jeu ?
Car si le scénario se répète — peu de danger créé, score serré après une heure, puis prise de risques et but encaissé — alors il sera difficile de parler uniquement de malchance ou de manque de concentration. Le problème de Nancy ne serait alors pas de craquer dans les trente dernières minutes. Il serait de ne pas avoir suffisamment fait la différence pendant les soixante premières.


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