
Sur une série de deux revers lourds et inquiétants, les Nancéiens ont replongé dans une certaine sinistrose après une semaine ratée à Picot. Les raisons derrière ces performances décevantes sont nombreuses et plus logiques que certains ne voudraient le croire. Tentatives d'explications.
Après un regain de forme et une série d'invincibilité qui avait permis aux Nancéiens de passer la trêve sereinement, voilà qu'un vent de panique souffle à nouveau sur l'AS Nancy Lorraine. Tombés piteusement à deux reprises devant leur public face à des formations confirmées de Ligue 2, Guingamp (0-3) et Rodez (1-3), les hommes de Pablo Correa ont largement déçu leurs supporters. Alors qu'ils restaient sur une série de quatre matchs sans défaite, les Nancéiens ont apparu comme transfigurés lundi soir face aux Bretons. Malgré cette mauvaise série, les Nancéiens limitent la casse et conservent leur 14e place avec un petit matelas de deux points sur la place de barragiste occupée par l'Amiens SC qui n'a engrangé qu'un point dans le même temps.
À bien y regarder, pas grand monde ne l'a d'ailleurs relevé, Pablo Correa a perdu un homme d'une importance capitale entre la Sarthe et la Lorraine. Sorti pour une blessure au mollet lors du 16e de Coupe de France, le capitaine Nicolas Saint-Ruf manque à l'appel dans les rangs rouge et blanc et laisse un vide béant. Une indisponibilité qui, comme une pichenette dans un château de cartes, a fait s'écrouler le peu de certitudes que les Nancéiens avaient sur leur jeu. Une absence qui pourrait durer longtemps, puisque selon nos confrères de BeIN Sports, il devrait manquer à l'appel cinq semaines, une information que nous sommes en mesure de confirmer.
Au-delà de son leadership, le défenseur central apportait une stabilité et une expérience à une position où cela n'est pas négligeable. Son absence a forcé Pablo Correa à faire redescendre Maxence Carlier, vital au milieu de terrain, pour combler le vide. Un changement qui a des effets néfastes sur Jérémy Gélin et Teddy Bouriaud qui n'ont plus ce métronome à leurs côtés.
Voilà pour le côté tactique. Dans le titre de cette analyse, nous évoquons un effectif avec des limites. Un groupe qui n'est pratiquement pas renforcé par le mercato, si ce n'est avec des signatures internes ou des prêts de jeunes joueurs, comme Pape Sissoko ou Justin Bourgault, qui prennent doucement leurs marques. La preuve, s'il en fallait une autre, que l'heure est à l'austérité pour Krishen Sud et que le staff va devoir se débrouiller avec deux bouts de bois et de la ficelle pour acquérir le maintien. Autrement dit, avec des joueurs qui ont bataillé en National l'an passé et qui n'ont pour la plupart jamais connu la Ligue 2, sans renfort de taille. Et ça, ils n'y peuvent rien.
Forcément, les deux dernières sorties ont été décevantes et les joueurs commencent à montrer des signes de faiblesse. Vendredi, Pablo Correa a quelque peu changé son fusil d'épaule en proposant un système à deux pointes, mais son plan a été plombé en quelques minutes par la grossière erreur de Fernandez menant au premier but ruthénois. "Au bout d'un moment, il faudra arrêter avec les erreurs individuelles parce qu'aujourd'hui, elles nous font mal, très mal", a réagi l'entraîneur nancéien en conférence de presse.
Plus inquiétant encore, l'Uruguayen a pointé le manque de discipline tactique de ses joueurs. Toutefois, les Rouge et blanc ont semblé plus s'épanouir lorsque l'ASNL est repassée à une défense à 4 sous l'impulsion des entrées impactantes d'Adrian Dabasse et de Patrick Ouotro, qui ont apporté plus de mouvement. Un constat balayé par Pablo Correa après la rencontre. "Le système est ce qu'il est. On peut passer d'un système à un autre, c'est toute l'activité que vous mettez dedans avec la nécessité de mettre l'adversaire dans la contrainte. Rodez était trop à l'aise. Alors que nous n'avons pas fait notre match. Ce n'est pas normal."
"Il n'y a pas de raison que l'on travaille quelque chose et que le jour du match, on arrive en un peu en mode anarchique à faire des choses qui mettent l'adversaire dans la facilité", a-t-il ajouté. Ce rappel charrie plusieurs questions. Est-ce que les joueurs comprennent encore ce que le staff leur demande ? En ont-ils seulement l'envie ? Difficile de le savoir, étant donné que tous, à l'exception de Jérémy Gélin, ont filé à l'anglaise pendant que nous étions avec Pablo Correa, en conférence de presse.
L'ancien Rennais a envoyé un message d'unité chez nos confrères de l'Est Républicain. "Une saison, c'est long. Et un maintien, c'est long à aller chercher. On va le faire tous ensemble. Avec les titulaires, avec les remplaçants, avec les joueurs qui jouent moins et avec tous les amoureux du club", a-t-il lancé. Rendez-vous vendredi pour joindre les actes à la parole avec un déplacement crucial sur la pelouse de Bastia, lanterne rouge du championnat et parfaite occasion d'oublier cette semaine en enfer.
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Après la claque reçue par Guingamp lundi, l'AS Nancy Lorraine a encore sombré dans les grandes largeurs contre Rodez.
L'analyse de la rédaction – L’ASNL doit-elle se réinventer ?